samedi 4 mars 2017

Test du pédalier MG Tech




C’est avec une grande curiosité et surtout une certaine appréhension que j’ai eu l’occasion de tester ce fameux pédalier MG Tech. En effet ces derniers sont un peu comme certains produits inabordables ou rares, "on en entend parler mais on en voit jamais la couleur…".


Déjà ce pédalier avait fait du bruit sur les 24h du Mans où il a permis à son utilisateur de remporter la course en catégorie "solo" (comme son nom l’indique, le plus grand nombre de tours possible sur ce fameux circuit d’épreuves 24h et ce en solitaire !). Il a été également vu sur certains grands triathlons ou épreuves cyclistes international outre-Atlantique.



Bien sûr le peu de témoignage ou d’avis le place comme un "vulgaire" système qui permet d’atténuer les points morts lors d’un cycle de pédalage. Ce que bon nombre de fabricants de plateaux ovoïdes proposent. De plus en ayant déjà testé quelques-uns (les plus connus du marchés), j’avais remarqué que ceux-ci ne sont compatibles qu’avec une certaine façon de pédaler. 



En effet, avec un pédalage "en pointe" (comme vous pouvez le constater sur la photo ci-dessous), et une fréquence de pédalage plus élevée que la moyenne, ces plateaux ne m’ont jamais apporté un plus.



Je dirais même au contraire, du fait que le point mort se retrouve décalé comparé aux plateaux ronds. Or nous voyons très nettement que je monte très haut le talon droit à ce fameux Point Mort Haut (PMH) afin d’avoir une action de traction sur la pédale dans sa phase de remontée ; dans le même temps, le talon gauche est positionné bas au passage du Point Mort Bas (PMB) pour que l’action de la poussée soit elle aussi la plus longue possible.

C’est ainsi (et mesuré avec des capteurs) que j’avoisine une qualité dé pédalage proche des 100% avec des plateaux ronds et ce pourcentage diminue avec des plateaux ovoïdes du fait de ne pas harmoniser mon passage de PMH et PMB avec le sommet de l’ovale.



Chez MG Tech, nous avons deux plateaux ronds qui ne sont pas en prise directe avec la manivelle. Un système interne de pignon (similaire à une boite de vitesse) permet une surmultiplication de ces plateaux. Le facteur de surmultiplication est de 1.44. Concrètement, cela signifie qu’il y a un pignon planétaire solidaire du boitier qui se trouve sur le cadre, 4 petits satellites et une couronne crantée qui sert de support aux plateaux.
De ce fait, comme vous le constatez sur la vidéo ci-dessous le plateau tourne plus vite que la manivelle:


Ce ratio permet de bénéficier d’un 37/25 qui correspond à un pédalier 53.28/36 (37×1.44/ 25×1.44). Mais surtout et c’est le point fort, grâce à la vitesse de rotation plus grande des plateaux par rapport aux manivelles, l’angle angulaire est différent. Il est réduit et cela se ressent dès les premiers tours de roues ou plutôt de manivelles !


 En effet sur une reprise de pédalage après un passage en roue libre, le pédalier MG Tech agit comme un booster ! A peine vous effectuez une pression sur la manivelle que celle-ci est retransmise à la roue arrière. Ou pour schématiser c’est comme vous vous retrouvez avec des manivelles en 200 voir plus ! Ce qui induit une augmentation de la "force circulaire" qui sert à faire tourner le pédalier.


 Cette force est appelée le couple (C). Exprimé en Newton-mètre, c’est le produit de la force F (en Newton) exercée sur la pédale et la distance d (longueur des manivelles en mètre) soit C=F×d.
Vous comprenez pourquoi le fait d’avoir un bras de levier plus grand permet un gain de Couple et donc de puissance si l’on conserve sa fréquence de pédalage habituelle.
P (Watts) = C (Nm)×Cad (rad/s).

Mais ce qui est encore plus fort et qui accroît encore ce gain de Watts est le fait d’avoir une cadence de pédalage supérieure à celle habituelle. C’est ce point qui m’a le plus impressionné : le fait de pouvoir "tricoter" sur un petit braquet encore plus aisément qu’à mon habitude ! C’est ainsi que j’ai relevé une cadence de pédalage plus élevé et ce quel que soit le terrain ! Un gros plus à l’heure où tout le monde cherche à accroître sa vélocité pour préserver sa fibre musculaire des crampes ou montées de lactates excessives.

En résumé, certes le pédalier est un peu plus lourd qu’un haut de gamme (compter environ 1kg). Mais ce "surpoids" qui est donc situé au plus proche du centre de gravité ne pénalise pas le rendement final. Mis à part ce détail, il n’y a que des avantages, avec dans un premier temps une amélioration de la performance. Ensuite une optimisation du pédalage qui va engendrer moins de fatigue musculaire au fil des heures ! En tout cas pour ma part j’en suis totalement convaincu et conquis d’autant plus qu’avec les outils de mesures utilisés, les chiffres affichées étaient tout à fait en relation avec ces ressentis.

Vous aussi tentez l’expérience MG Tech, réapprenez à pédaler "rond" avec un meilleur rendement et un plus grand couple pour le même effort !